12.12.2011
Filou LOUP et les pigeons de Monsieur TAUPIN
Filou LOUP est un méchant et il doit aimer ça
car il passe son temps à faire peur à tout le monde.
Dans la cour de récrée il pousse les plus petits.
Il les fait même tomber. Il vole les goûters pour n’en faire
qu’une bouchée.
Dans la rue, il marche sur la queue du chien de Monsieur REMEDE,
le pharmacien et prend un malin plaisir à effrayer le perroquet
de Monsieur SALER, l’épicier.
Il tire la langue à ceux qui le regardent et s’amuse à sonner aux portes
sans se retourner.
_ Espèce de brigand! S’écrie Madame TOUTENLAINE à sa fenêtre.
_ Voyou! Lui crie à son tour Mr HIBOU, dérangé pendant sa sieste.
Mais Filou continue son chemin en sifflant.
Le regard satisfait et les mains dans les poches, il se dirige vers le parc.
Dès son arrivée, la plupart des enfants courent pour se réfugier prés de leurs parents car chacun sait que ce loup est terrible.
Soudain, un ballon arrive droit sur Filou, qui shoot aussitôt de toutes ses forces, pour l’envoyer le plus loin possible.
_ C’est malin. Dit, tout doucement, Edouard CANARD.
_ Quoi? T’es pas content? Répond aussi vite le méchant, avec l’œil noir et en montrant les dents.
Effrayés, Edouard et ses amis préfèrent ne pas s’attarder pour aller récupérer leur ballon.
Plus loin, assis sur un banc, se trouve le gentil Monsieur TAUPIN, ancien libraire, qui chaque jour, à pour plaisir de nourrir les pigeons en leur faisant la conversation. Ce sont tous les siens, dit-on, car il est le seul à prendre soin d’eux.
Mr TAUPIN ne voit rien. Mais il entend très bien.
Le loup, qui marche d’un pas décidé vers le chantier de la cité d’à coté,
ne peut s’empêcher de faire encore une méchanceté.
Il s’avance à grands pas, frottant ses pieds brutalement au sol pour projeter des graviers sur les pauvres oiseaux affolés.
_ Du calme , petit! Lui lance Mr TAUPIN. Puis il ajoute en lui tendant un petit sac de graines.
_ Ils ne t’ont rien fait! Viens donc t’asseoir ici. Ils sont intelligents et, si tu es gentil, tu verras quand un instant ils pourraient devenir tes amis.
Filou est un peu surpris. Il prend une poignée de graines, sans réfléchir.
Juste un moment car tout en les jetant sur le sol, il répond aussi vite.
_ Des amis? Pour quoi faire? Moi je ne suis pas un gentil et je ne veux pas d’amis!
_ Que c’est triste, soupira Mr TAUPIN.
_ On a toujours besoin d’un ami.
Filou hausse les épaules et reprend sa route.
Tout en marchant il réfléchit.
Personne, à part ses parents ou Madame LORGNONS, la maîtresse, ne lui adresse la parole.
Et puis personne n’est vraiment gentil avec lui. Pourquoi le deviendrait-il?
Ramassant des pierres qu’il lance au hasard sur les constructions inachevées du chantier de la cité d’à coté, Filou avance en continuant sa réflexion.
« Ce vieux Monsieur est un fou » Se dit-il.
« Des pigeons… des amis… non, non, non! Je suis très bien comme ça! »
Mais , perdu dans ses pensées, le jeune LOUP perd pied et tombe dans un
Trou.
Il fait très sombre . Ce n’est pas très large mais tellement profond que filou est vite envahi par la peur.
Il se met à crier mais personne n’est sur le chantier.
La nuit va bientôt arriver et Filou se met à pleurer.
Soudain il entend un bruit, une voix… Ce n’est pas très clair.
Il lève les yeux et découvre un pigeon qui le regarde , la tête penchée
Et semblant lui parler.
Des heures passent. La lune est haute.
Un second pigeon vient prendre le relais et le premier disparait.
Filou, bien mal installé, est à la fois très étonné et sécurisé par cette présence renouvelée. Ne pouvant trouver le sommeil, il parle et confit même ses secrets.
Toute la nuit il restera toujours un pigeon semblant veiller sur lui.
Au petit matin, deux pigeons s’ajoutent. Puis cinq… et dix.
« On dirait que tous les pigeons de Monsieur TAUPIN sont ici « , se dit Filou, le cœur rempli d’espoir.
Derrière leur roucoulement incessant, Filou distingue un brouhaha qui semble se rapprocher. Quand, d’un coup, les oiseaux décollent, s’envolent
Et se mettent à planer au dessus du trou , une foule de visages apparaît.
Quel plaisir de serrer papa et maman LOUP qui s’étaient tant inquiétés.
Quel plaisir , également, de voir tous ces gens souriant et soulagés de savoir, enfin, ce gredin retrouvé.
Mr TAUPIN est là aussi, soutenu par Mme TOUT EN LAINE et Mr HIBOU. Il a deux pigeons sur l’épaule et les autres à ses pieds, semblant écouter Filou , tout excité, raconter l’incroyable exploit de ses amis à plumes.
Depuis ce jour, Filou LOUP, est gentil avec les plus petits .Il dit bonjour à tout le monde et rend même des services. Plus question de marcher sur la queue du chien de Mr REMEDE. Une caresse, ça vaut mieux.
Fini de terroriser le perroquet de Mr SALER. Lui apprendre à parler et l’écouter ça fait plus rigoler.
Il est heureux car il est l’ami de tous.
Et chaque fin d’après midi il va s’asseoir sur le banc, tenir compagnie à Mr TAUPIN pour nourrir les pigeons, ses amis, à qui il trouvera des noms, c’est promis.
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06.12.2011
LES QUESTIONS DE CERISES
Dis, Maman, pourquoi on bâille ?
Ce matin là, Cerise était très fatiguée.
Difficile, pour elle, de sortir du lit.
De la cuisine maman s’écrie.
_ Cerise! Petit déjeuner!
Mais la fillette n’a pas envie de quitter son lit douillet.
Elle se tourne et se retourne, s’étire et bâille.
_ Debout ma princesse! Il est l’heure!
Cerise se frictionne les cheveux et bâille encore, mais l’odeur du chocolat chaud enfin la décide.
Elle sort du lit, enfile ses pantoufles et se dirige vers la cuisine en trainant les pieds.
Se mettant à table, devant son bol et la brioche, elle bâille encore!
_ et bien? Dis maman. Le réveille est difficile aujourd’hui!
Pour toute réponse, Cerise se frotte les yeux et bâille de nouveau.
Mais d’un coup, Maman prend une grande respiration, suivie d’une plus courte, puis la bouche grande ouverte, elle expire rapidement et bruyamment.
Cerise et Maman se regardent en souriant car toutes deux ont des larmes au coin des yeux.
_ Dis, Maman, pourquoi on bâille?
_ Oh, il y a plusieurs raisons ma chérie.
« Parce qu’on est fatigué…Parce qu’on a bien mangé…
Il faut savoir que tes muscles ont un besoin soudain de se détendre. »
_ Se détendre? Demande Cerise en imaginant un muscle sous un parasol, portant des lunettes de soleil
_ Oui, répond Maman avant d’ajouter:
« C’est comme-ci tu faisais le plein d’oxygène. Et ensuite tu te sens mieux. »
A ces mots, la fillette imagine une station libre service d’oxygène pour le corps.
_ Sais-tu, reprend Maman, qu’il n’y a pas que les hommes qui bâillent?
Les animaux aussi. Comme les chats, les chiens, les vaches, les cochons, les singes… Mais aussi les oiseaux, les caméléons, les serpents…
Et même les poissons.
_ Comme KIKI le glouton!? S’écrie cerise avec un large sourire en imaginant son vorace poisson rouge sur le dos, les deux nageoires frottant son ventre rond et bâillant aux corneilles.
_ Absolument! Répondit Maman avant de poursuivre.
« Mais parfois, sans être fatigués, nous pouvons tout simplement imiter le bâilleur d’à coté. C’est un réflexe, un automatisme. Il est impossible de l’expliquer. »
« Tes grands-parents qui viennent ce soir te diraient qu’un bon bâilleur en fait bâiller dix! »
Finissant son déjeuner, Cerise eût une idée et imagina la scène.
Ce soir, au dîner, elle serait la plus douée pour faire bâiller toute l’assemblée.
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